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À jour au 2026-08-01. Les chiffres et descriptions suivent la littérature publiée, pas le matériel promotionnel.
À la fin des années 1950, une campagne est orchestrée sur l'existence d'un « missile gap », c'est-à-dire d'un retard des États-Unis par rapport à l'URSS en matière de missiles. Cette crainte provient en partie du choc que constitue dans l'opinion publique le lancement du premier satellite artificiel par les soviétiques, Spoutnik 1, en octobre 1957. Le lancement de Spoutnik en 1957 a un énorme impact psychologique sur la population américaine qui prend conscience du jour au lendemain qu'un Pearl Harbor nucléaire est peut-être possible. Cette crainte est amplifiée par l'US Air Force qui allègue d'un « bomber gap » puis d'un « missile gap » pour obtenir plus de moyens, par l'agressivité supposée de l'Union soviétique et sa capacité perçue à accepter des pertes humaines considérables et par le manque d'information fiable fournie par la CIA sur l'état réel des moyens militaires soviétiques. Spoutnik fait craindre que les Soviétiques aient une longueur d'avance dorénavant sur les Américains et se retrouvent dès lors dans la situation des États-Unis quelques années auparavant de pouvoir considérer une attaque massive pour assurer la victoire du communisme, par un régime n'ayant pas les mêmes contraintes politiques et morales que la démocratie américaine. En réalité, jusqu'au début des années 1960, l'URSS possède des forces nucléaires capables de frapper en Europe mais ne dispose que de très peu de missiles intercontinentaux opérationnels, ce que sait parfaitement Eisenhower.
Sources : fr.wikipedia.org
Kennedy, qui a exploité ce thème du « missile gap » pendant sa campagne électorale, est mis au fait de la situation dès son arrivée à la Maison Blanche et s'appuie sur la supériorité encore bien réelle des États-Unis dans le règlement à l'avantage des occidentaux des crises de Berlin et de Cuba. La réalité du côté soviétique, telle qu'il est possible aujourd'hui de mieux la comprendre depuis la chute de l'empire soviétique, est assez différente : la mort de Staline en 1953 permet que s'instaure dans les années 1954-1958 un vrai débat sur la stratégie militaire du pays dont les dirigeants savent bien qu'il accuse encore un retard considérable sur les Américains, en dépit de ce que leur propagande et leurs premières gesticulations nucléaires essaient de faire croire à l'occident. Khrouchtchev, Malenkov et les maréchaux sont conscients du caractère effroyable de l'arme nucléaire. Ils savent aussi que leur pays est passé de peu à côté de la défaite en 1941/1942 face aux Nazis et qu'il est sorti exsangue du second conflit mondial. Interdite du vivant de Staline, la reconnaissance des mérites de l'effet de surprise en matière stratégique est devenue possible. De manière symétrique avec ce qui se passe aux États-Unis, les lobbies militaires et industriels poussent à la course technologique et quantitative aux armements, le programme de construction de missiles intercontinentaux se met en place avec un fort niveau de priorité[réf. souhaitée].
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L'effort des soviétiques finit par porter ses fruits et lors de la réunion du Conseil de sécurité nationale (NSC) du 12 septembre 1963, Kennedy est averti que dans tous les scénarios étudiés sur les cinq années à venir, les États-Unis comme l'URSS souffriraient de dommages immenses en cas de guerre nucléaire. Le monde est entré dans l'ère de l'équilibre de la terreur (ou en anglais : mutual assured destruction, les initiales MAD signifiant « fou »), caractérisé par la capacité de seconde frappe de chacun des deux Grands, c'est-à-dire d'infliger des dommages immenses à l'autre même après une attaque surprise massive contre son territoire ou ses intérêts vitaux[réf. incomplète]. Nikita Khrouchtchev est conscient de cette situation, ce qui le conduit à introduire la notion de coexistence pacifique par laquelle la guerre entre les deux systèmes capitalistes et communistes n'est pas inévitable et que le communisme triomphera in fine grâce aux contradictions internes au capitalisme et à la supériorité du système communiste. La théorie de la destruction mutuelle assurée s'impose et elle restera jusqu'à la chute de l'empire soviétique la pierre angulaire de la politique extérieure des deux Grands. Au même moment, Américains et Soviétiques doivent aussi traiter de ces questions nucléaires au sein de leur propre camp.
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La rupture des relations entre les deux leaders du monde communiste entraîne l'arrêt brutal le 20 juin 1959 de l'aide apportée à la Chine par l'Union soviétique, qui dénonce ainsi l'engagement pris le 15 octobre 1957 de lui fournir une bombe atomique et les données techniques de sa fabrication. La Chine prend un retard important dans son programme nucléaire et ne fait éclater sa première bombe atomique qu'en 1964. La France du général de Gaulle, de son côté, choisit de se retirer de l'organisation militaire intégrée de l'OTAN, compliquant ainsi les plans militaires de l'Alliance et affaiblissant la crédibilité des représailles américaines en cas d'attaque soviétique en Europe.
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